La suppression, en 1970, de la voie ferrée qui parcourait la région marqua la fin d’une étape dans les communications de Los Pedroches. Cependant, en 1992, avec la mise en service de la ligne à grande vitesse entre Madrid et Séville, le train traversa de nouveau ces terres, retrouvant son rôle historique de territoire de passage entre la Meseta et le sud de la péninsule.
La vocation de Los Pedroches comme espace de communication remonte à plusieurs siècles. À l’époque andalouse, la douceur du relief permit l’organisation d’un réseau de chemins à fonction stratégique et défensive. Parmi eux se distinguait le chemin de Tolède à Séville, qui passait par Belalcázar et se divisait vers Séville et vers Cordoue par Hinojosa del Duque, Belmez et Espiel. La voie de l’Azogue, reliant Almadén à Cordoue, ainsi que le chemin dit de l’Armilat, depuis Villanueva de Córdoba vers Puerto Mochuelo, furent également importants.
Le lieu où nous nous trouvons s’inscrit dans cette longue histoire d’infrastructures au service de la communication. La géométrie et les exigences techniques de la ligne à grande vitesse imposèrent d’importants mouvements de terre, des tunnels et des viaducs pour franchir vallées et ondulations douces du terrain. Ce nouveau tracé introduisit aussi une rupture dans la morphologie du territoire, en sectionnant une partie de la dehesa et en coupant d’anciennes voies pour lesquelles il fallut prévoir des solutions garantissant la continuité écologique et le passage de la faune.
Depuis ce point, peu avant l’entrée d’un tunnel, on observe l’une des dehesas les mieux conservées et les plus belles de la région, un paysage de grande valeur écologique et culturelle qui, malgré les transformations, demeure le témoin du passage des chemins, des trains et des voyageurs au fil du temps.