Dans Los Pedroches, la dehesa est le paysage dominant : une forêt méditerranéenne éclaircie par l’être humain afin de concilier l’élevage et la conservation. En éliminant une partie du maquis et en espaçant les arbres, on favorise la croissance des pâturages pour l’élevage extensif, tout en maintenant une biodiversité précieuse.
Toutes les dehesas de Los Pedroches ne sont pas identiques. Il existe des différences nettes entre le secteur occidental et le secteur oriental de la région.
À l’ouest, beaucoup de dehesas présentent aujourd’hui un couvert arboré plus dispersé, voire des zones presque dépourvues d’arbres, résultat de processus historiques, de défrichements et de difficultés de régénération. Ce sont des paysages plus ouverts, où le pâturage prend une place plus importante et où les arbres sont plus rares.
En revanche, dans l’est de la région, les dehesas conservent généralement une plus grande densité et diversité d’arbres. C’est ici qu’avec le chêne vert prennent une importance particulière le quejigo (Quercus faginea) et le melojo (Quercus pyrenaica). La présence de ces chênes, favorisée par certaines conditions de sol, de pluviométrie et de relief, apporte un couvert arboré plus dense, une variété chromatique saisonnière et une structure paysagère plus complexe.
Ces différences ne sont pas seulement visuelles : elles reflètent des histoires différentes d’usage, de gestion et de capacité de régénération du territoire. L’abondance de quejigos et de melojos dans cet environnement donne à cette zone orientale une personnalité propre au sein des dehesas pedrocheñas, enrichissant sa valeur écologique et paysagère.
La dehesa actuelle est le résultat de siècles de gestion humaine. Plus qu’une forêt naturelle ou qu’un simple pâturage, c’est un paysage culturel vivant, qui rappelle le lien étroit entre nature et activités traditionnelles.